Historique
Cinq cimetières, de l'océan au fleuve
Rabat et Salé se font face à l'embouchure du Bouregreg ; Kénitra veille un peu plus au nord, sur l'oued Sebou, et Souk El Arbaa du Gharb plus loin dans les terres. Des communautés juives parmi les plus anciennes du Maroc, et cinq cimetières qui gardent leur mémoire, à quelques dizaines de minutes les uns des autres.
Rabat, l'ancien cimetière
Avenue Jazirat Al Arab · 1773 fiches
Le cimetière historique du mellah de Rabat. Ses pierres blanchies par les embruns de l'Atlantique portent les noms des grandes familles rbaties, et les tombes de sages vénérés, dont Rabbi Eliezer Davila et Rabbi Shalom Zaoui. Une partie des registres anciens a été conservée « en l'état » : leur vérification, pierre par pierre, est en cours à partir des photographies de Richard Zéboulon, Dr Yohanan Ouaknine et David Bennaroch.
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Avenue Hassan II · 788 fiches
Le cimetière de la communauté moderne, toujours en activité. C'est ici que repose Rabbi Micael I. Encaoua, Grand Rabbin du Maroc, ainsi que les présidents et figures de la communauté de Rabat du XXe siècle. Chaque tombe photographiée est lue et indexée : la collection s'enrichit continuellement.
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Rive droite du Bouregreg · 1095 fiches
De l'autre côté du fleuve, le cimetière de Salé est l'un des plus anciens sanctuaires juifs de la région. Il abrite le mausolée de Rabbi Raphaël Encaoua, le « Malakh Raphaël », dont la hilloula attire encore des pèlerins du monde entier, entouré de nombreux autres rabbins et dayanim de la ville. Le recensement photographique de Salé est la prochaine étape de ce mémorial.
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Sur l'oued Sebou · 128 fiches
Plus au nord, sur la route de Tanger, Kénitra (l'ancienne Port-Lyautey) abritait une communauté juive jeune et active, née au XXe siècle autour du port et du chemin de fer. Son cimetière garde la mémoire de ces familles et le mausolée de son guide spirituel, Rabbi Yahia Bénarroch, Grand Rabbin et juge de la communauté pendant près de sept décennies.
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Cinq figures parmi les nombreux rabbins de Rabat, Salé et Kénitra.
Rabbi Raphaël Encaoua (1848–1935)
רבי רפאל אנקאווה
SaléCelui que le Maroc entier appelait le « Malakh Raphaël », l'ange Raphaël. Né à Salé, talmudiste hors pair et juge d'une intégrité légendaire, il devint en 1918 le premier président du Haut Tribunal rabbinique du Maroc. Sa sagesse dépassait les frontières de la communauté : Juifs et Musulmans venaient chercher son conseil et sa bénédiction.
Son mausolée, dans le cimetière de Salé, est resté l'un des grands lieux de pèlerinage du judaïsme marocain : sa hilloula rassemble chaque année des fidèles venus de France, d'Israël et du Canada, sur la rive où il a enseigné toute sa vie.
Rabbi Micael I. Encaoua (1895–1972)
רבי מיכאל אנקאווה
Rabat · Nouveau cimetièreHéritier de l'illustre lignée rabbinique des Encaoua, il porta le titre de Grand Rabbin du Maroc, ainsi que le proclame, en français et en hébreu, la grande dalle blanche de sa tombe au nouveau cimetière de Rabat. Il accompagna la communauté à travers les bouleversements du XXe siècle : le Protectorat, la guerre, l'indépendance, les grands départs.
Sa sépulture, parmi celles des familles qu'il a servies, fait face au fleuve, de l'autre côté duquel repose le Malakh Raphaël. Deux rives, une même maison.
Rabbi Eliezer Davila (1714–1761)
רבי אליעזר די אבילא
Rabat · Ancien cimetièreL'un des génies du Talmud qu'ait donnés le judaïsme marocain. Neveu du saint Or HaHaïm, Rabbi Haïm ben Attar, il dirigea l'école de Rabat et laissa une œuvre dense (dont « Maguen Guiborim ») étudiée jusqu'à nos jours dans les yeshivot. Disparu avant ses cinquante ans, il fut pleuré comme un prince de la Torah.
Sa tombe, dans l'ancien cimetière, demeure l'une des plus visitées de Rabat : les étudiants viennent y prier avant leurs examens, fidèles à la tradition qui fait de lui le protecteur de ceux qui étudient.
Rabbi Shalom Zaoui
רבי שלום זאוי
Rabat · Ancien cimetièreParmi les tsaddikim les plus vénérés de Rabat. Sa réputation de piété et d'humilité a traversé les générations, et sa tombe de l'ancien cimetière est restée un lieu de prière où les familles rbaties viennent allumer des bougies et confier leurs vœux, aujourd'hui encore.
Sa hilloula est l'un des rendez-vous fidèles de la mémoire de Rabat : la preuve qu'un cimetière n'est pas un lieu du passé, mais une maison où l'on revient.
Rabbi Yahia Bénarroch (–2000)
רבי יחיה בנהרוש
KénitraLe guide spirituel de Kénitra. Arrivé dans la ville en 1934, il en fut le Grand Rabbin et le juge (président du tribunal rabbinique) jusqu'à son décès en 2000, servant sa communauté pendant près de soixante-dix ans, à travers toutes les mutations du siècle.
Son mausolée se trouve au cimetière de Kénitra, où sa mémoire reste vivante pour les familles restées et pour celles qui reviennent. Un rabbin près de sa communauté, comme il se doit.