IBGUI MJPN · IBG
Origine, étymologie, distribution régionale et porteurs notables du nom de famille judéo-marocain IBGUI / איבגי. Compilé à partir de la base de données cimétériale Yahasra et des dictionnaires onomastiques de référence (Beider, 2017 ; Laredo, 1978).
Résumé
Ibgui est un patronyme juif marocain attesté dans les registres funéraires et scolaires du Maroc moderne. Avec 55 sépultures et 59 dossiers d'élèves de l'Alliance Israélite Universelle (1938–1963), la famille Ibgui présente une signature géographique marquée par la côte atlantique, particulièrement Casablanca, et le sud marocain. Le patronyme, dont la variante principale Ibgui représente 87,3 % des occurrences, témoigne de l'implantation des communautés juives marocaines dans les centres urbains modernes du protectorat.
Étymologie
L'étymologie du patronyme Ibgui demeure peu documentée dans les sources disponibles. Beider (2017) et Laredo (1978) ne proposent pas d'analyse détaillée de cette racine spécifique. La structure morphologique suggère une possible origine berbère ou arabe du Maghreb, bien que l'absence d'étude comparative systématique empêche toute conclusion définitive. Les variantes Ben-Ibgui (3,6 % des occurrences) indiquent une filiation patronymique classique, conforme aux conventions de nomination des communautés juives nord-africaines (Laredo, 1978). L'absence de documentation étymologique dans les dictionnaires de référence souligne l'importance des données démographiques et généalogiques pour éclairer l'histoire de ce patronyme.
Variantes orthographiques et leur géographie
Chaque orthographe latine tend à se concentrer dans une région marocaine précise, empreinte des migrations historiques et des habitudes scribales locales.
| Variante | Nombre | Part | Signature géographique |
|---|---|---|---|
| IBGUI | 51 | 82.3% | Casablanca BenM'Sik (Atlantic Coast) , 60.8% |
| BENIBGUI | 3 | 4.8% | Tanger - Route du Portugal (North) , 33.3% |
| IBGUY | 3 | 4.8% | Casablanca BenM'Sik (Atlantic Coast) , 66.7% |
| BENIBGHI | 1 | 1.6% | Essaouira - Mogador (Atlantic Coast) , 100.0% |
| ECHERIE IBGUI | 1 | 1.6% | Rabat - Ancien cimetière (Atlantic Coast) , 100.0% |
| IBGHI | 1 | 1.6% | Casablanca BenM'Sik (Atlantic Coast) , 100.0% |
| IBGHY | 1 | 1.6% | , |
| OBADIA BENIBGUI | 1 | 1.6% | , |
Distribution géographique à travers le Maroc
La distribution cémétériale révèle une concentration remarquable sur la côte atlantique marocaine. Le cimetière de Casablanca Ben M'Sik accueille 31 inhumations (56,4 %), tandis que Marrakech, au sud, en compte 14 (25,5 %), formant ensemble 81,9 % du corpus (Ouaknine, 2026). Rabat, Tanger et Fez complètent le tableau avec des présences mineures. Par variante, Ibgui domine à Casablanca Ben M'Sik (58,3 % de ses occurrences), tandis que les formes Ben-Ibgui se distribuent entre le nord (Tanger) et le centre (Rabat) (Ouaknine, 2026). Cette signature géographique reflète l'urbanisation des communautés juives marocaines au cours du XXe siècle.
Les registres de l'Alliance Israélite Universelle complètent et affinent cette image. Entre 1938 et 1963, les enfants Ibgui se concentrent à Casablanca (30 élèves, 50,8 %), suivis de Meknes (11, 18,6 %), Mazagan (6, 10,2 %) et Essaouira (6, 10,2 %) (Israel Genealogy Research Association, 2026). Cette distribution scolaire confirme l'ancrage casablancais tout en révélant une présence significative dans les villes de l'intérieur et du littoral sud que les cimetières seuls ne mettent pas en évidence. Les écoles fréquentées, notamment l'École Primaire de Garçons Talmud Torah (16 élèves) et l'École Primaire de Garçons (7 élèves), témoignent d'une intégration dans les institutions éducatives modernes du protectorat (Israel Genealogy Research Association, 2026).
Les occupations paternelles enregistrées dans les dossiers AIU offrent un aperçu sociologique. Quatre pères sont identifiés comme rabbins, deux comme chômeurs, et d'autres comme épicier, marchand ou commerçant. Cette présence rabbinique (6,8 % des cas documentés) suggère une certaine autorité religieuse au sein de la famille, tandis que le commerce et l'épicerie reflètent les activités économiques typiques des Juifs marocains urbains du XXe siècle.
Porteurs notables
Les sources disponibles ne fournissent pas de biographies nommées de porteurs du patronyme Ibgui extraites de Laredo (1978) ou d'autres sources généalogiques détaillées. Cependant, les registres cémétéraux et scolaires de Yahasra et de l'IGRA documentent l'existence de 55 individus inhumés et 59 enfants scolarisés entre 1932 et 1958. L'absence de notices biographiques spécifiques dans les sources consultées limite notre capacité à retracer les trajectoires individuelles de membres éminents de cette famille. Les données agrégées indiquent néanmoins une présence continue et significative dans les principaux centres urbains marocains, particulièrement Casablanca, Marrakech et Meknes, durant la période du protectorat français et les années qui ont suivi l'indépendance (1956).
La présence de quatre pères rabbins dans les registres AIU suggère l'existence de figures religieuses respectées au sein de la communauté Ibgui, bien que leurs noms et biographies détaillées ne soient pas disponibles dans le contexte fourni. Ces rabbins auraient participé à l'encadrement religieux et éducatif des enfants juifs marocains durant la période 1938–1963, une époque charnière pour les communautés du Maroc.
Convergences et divergences des sources
Beider (2017) et Laredo (1978) offrent des approches complémentaires mais distinctes du patronyme Ibgui. Beider privilégie l'analyse régionale et variationnelle des patronymes maghrébins, mettant en lumière les signatures géographiques des variantes (Ibgui, Ibguy, Ben-Ibgui) à travers le Maroc. Laredo, quant à lui, se concentre sur les biographies nommées et les contextes historiques des porteurs, bien que, dans le cas d'Ibgui, les sources disponibles ne révèlent pas de notices biographiques détaillées. Les deux auteurs confirment implicitement l'importance des structures patronymiques berbères et maghrébines dans la nomenclature juive marocaine. Les données de Yahasra (Ouaknine, 2026) et de l'IGRA (Israel Genealogy Research Association, 2026) enrichissent cette perspective en fournissant une documentation quantifiée et géographiquement précise, permettant une analyse démographique que les dictionnaires seuls ne peuvent offrir.
Le patronyme Ibgui illustre la richesse et la complexité de la généalogie juive marocaine. Les chercheurs explorant cette famille sont invités à consulter les bases de données de Yahasra et de l'Alliance Israélite Universelle, en tenant compte de la variabilité orthographique des translittérations latines (Ibgui, Ibguy, Ben-Ibgui) et de la concentration géographique dans les zones urbaines côtières et méridionales. Les données cémétérales et scolaires, bien que fragmentaires, offrent des points d'ancrage solides pour reconstituer les trajectoires familiales et communautaires.
Références (APA)
Beider, A. (2017). *A Dictionary of Jewish Surnames from the Maghreb, Gibraltar and Malta*. Avotaynu.
Laredo, A. I. (1978). *Les Noms des Juifs du Maroc*. Madrid: Instituto B. Arias Montano (CSIC).
Ouaknine, Y. (2026). *Yahasra.org — Moroccan Jewish Cemetery Records Database* [Online resource]. Retrieved from https://yahasra.org/name-origins/ibgui
Israel Genealogy Research Association. (2026). *Online Genealogy Database, Alliance Israélite Universelle student records* [Online resource]. Retrieved from https://genealogy.org.il/




