Au sud du Haut Atlas, le long des vallées présahariennes du Draa et du Dadès, des familles juives ont vécu durant de nombreuses générations dans les petits mellahs des ksour et des bourgs de marché. C'était un judaïsme rural, d'oasis et de montagne, de colporteurs, d'orfèvres, de tanneurs et de rabbins, tissé dans la vie du sud berbère.
Ouarzazate elle-même s'est surtout développée au XXe siècle comme ville administrative et de garnison, au carrefour des routes. Les communautés juives plus anciennes de la région étaient dispersées dans les vallées environnantes : Agdz et la route de Zagora dans le Draa, Tazenakht vers l'Anti-Atlas, et les cols du Haut Atlas comme Telouet.
Vallées et cols
Ces communautés étaient petites et souvent isolées, mais liées les unes aux autres et aux villes plus grandes par le commerce, par les mariages et par le circuit des saints. Comme la plupart du judaïsme rural du sud marocain, leurs habitants sont partis au milieu du XXe siècle, surtout vers Israël, et les mellahs et les cimetières ont été laissés derrière eux.
Un sud dispersé, et des pierres qui portent encore ses noms.
Un registre qui s'enrichit
Ces archives se constituent pierre par pierre. Les tombes de la région sont photographiées là où l'on peut les atteindre, puis lues et indexées, afin que chaque nom et chaque famille redeviennent accessibles aux descendants dispersés à travers le monde. C'est un registre jeune, mince aujourd'hui, et qui grandira à mesure que les stèles seront relevées.